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Célébration du centenaire du Manoir Glendon et du campus fondateur de l’Université York 

Perchée sur une colline surplombant la rivière Don se trouve une demeure de style italien. Sa façade en stuc, les tuiles vertes de son toit et son majestueux escalier en noyer sont les témoins d’une histoire qui va bien au-delà de ses murs.

Un siècle d’histoire imprègne les murs et les fondations du Manoir Glendon, ancienne demeure privée transformée en centre d’apprentissage chaleureux aux identités changeantes. 

Pour marquer ce jalon important, la Fiducie du patrimoine ontarien a dévoilé le 3 décembre une plaque soulignant les multiples facettes du domaine. Cette plaque commémore les origines du domaine sur les terres autochtones, la construction de la demeure d’une famille aisée de Toronto, pour aboutir à la fondation d’un établissement bilingue, centre postsecondaire dynamique ouvert sur le monde. 

Des milliers d’étudiants et de membres du personnel ont foulé les parquets du Manoir Glendon depuis que la propriété est devenue le site du premier campus de l’Université York en 1959. Mais avant de devenir un lieu d’apprentissage, les lieux ont connu une riche histoire pendant des décennies. 

Durant les siècles de présence autochtone, la rivière Don, connue alors sous le nom de Wonscotanach, un nom signifiant « la rivière à la lumière éclatante », était souvent éclairée par des torches pour la pratique de la pêche. 
 
Dans les années 1920, l’homme d’affaires Edward Rogers Wood et son épouse Agnes Euphemia (Phemie) Smart ont été séduits par le quartier et ont fait l’acquisition du terrain pour y bâtir une maison. 

Ces personnalités du monde financier et philanthropique de Toronto ont fait construire un manoir de style italien sur une propriété de 125 acres, dont 70 acres étaient des jardins, le reste demeurant des terres agricoles. Ils ont baptisé leur nouvelle demeure « Glendon Hall », probablement inspirés par la géographie de leur propriété au bord de la rivière Don :  un « glen » est en effet le mot écossais pour une vallée étroite. 

Un grand escalier elliptique, éclairé par une verrière, trônait au centre du manoir. Au niveau inférieur, une vaste salle de musique et de billard donnait sur une terrasse arrière avec vue sur la vallée. Les salles de réception et salons du rez-de-chaussée reflétaient le goût des Wood pour les réceptions élégantes. L’intérieur accueillait également l’une des plus grandes collections privées de portraits de peintres hollandais et britanniques ainsi que de peintres canadiens modernes. 

À son décès en 1950, Phemie Wood a légué le domaine, incluant le manoir, à l’Université de Toronto à des fins éducatives. À la fin des années 1950, alors que la jeune Université York cherchait un site permanent, le conseil d’administration de l’Université de Toronto a proposé de transférer la propriété Glendon à York. Glendon est alors devenu le campus fondateur de l’Université York. 

En pleine période d’expansion de l’éducation en Ontario, Glendon a été le premier espace dédié aux étudiants et étudiantes et au corps professoral, tandis que l’Université aménageait son futur campus Keele, plus vaste. C’est alors que la transformation d’un manoir en un établissement public a débuté. 

Au début des années 1960, étudiants et professeurs ont franchi la porte cochère et sont passés devant le grand escalier, tout comme les invités de la famille Wood le faisaient autrefois. Tandis que les nouveaux bâtiments universitaires du campus abritaient la plupart des salles de classe, le Manoir Glendon a servi de centre administratif et de bibliothèque, faisant le lien entre le domaine historique et l’université émergente. 

La propriété s’est adaptée à ce nouvel objectif : le jardin, avec ses deux belvédères, ses parterres de fleurs classiques et ses pelouses, est devenu un lieu de rencontre pour les étudiants et étudiantes. 

L’identité bilingue de Glendon a émergé durant cette période. Le directeur fondateur, Escott Reid, un ancien diplomate, a imaginé un collège ancré dans les affaires publiques et l’héritage bilingue du Canada. Lorsque Glendon a été établi officiellement comme collège d’arts libéraux bilingue en 1965, le Sénat de l’Université York a approuvé ce modèle, façonnant l’orientation du collège qui a ouvert ses portes l’année suivante. 

En 1966, le premier ministre du Canada de l’époque, Lester B. Pearson, a inauguré le campus Glendon, qui demeure aujourd’hui une institution unique au sein du réseau de campus de York.  
 
La mission d’origine de Glendon – axée sur l’éducation bilingue, fondée au départ sur l’anglais et le français – se trouve actuellement élargie et assouplie de par l’environnement multilingue dans lequel elle se déploie, un environnement où il est désormais possible d’étudier d’autres langues, notamment l’espagnol et l’anishinaabemowin.  

Au cours des décennies suivantes, le Manoir Glendon s’est adapté à de nouvelles fonctions. Les pièces jadis décorées d’œuvres d’art ont été transformées en bureaux administratifs, salles de conférence, bureaux d’aide aux étudiants, sans oublier le populaire Café de la terrasse (aujourd’hui le Café Lunik). Plus récemment, il a hébergé un centre pour les clubs étudiants et le Musée canadien des langues. Le grand escalier est devenu un arrière-plan de prédilection pour les portraits de la remise des diplômes. 

En 2004, des décorateurs d’intérieur torontois ont restauré certaines pièces du manoir, redonnant au bâtiment sa grandeur d’antan tout en préservant sa fonction éducative. 

Quant aux jardins, ils n’ont cessé de s’embellir. L’impressionnante roseraie Bruce Bryden, qui rappelle la passion de Phemie Wood pour les jardins, est un espace serein pour étudier à l’extérieur, tandis que le ravin, les forêts et les zones naturelles protégées offrent aux étudiants et aux visiteurs un havre de paix bienvenu au cÅ“ur de la ville. Le corps enseignant utilise fréquemment les espaces verts, la rivière, les sentiers et les jardins comme salles de classe et sujets d’étude. 

La présence et l’esprit immuables du Manoir Glendon contribuent à ce sentiment de calme et à cette atmosphère douillette. Au Collège Glendon, les classes sont de petite taille (souvent 24 personnes au maximum), ce qui crée une communauté universitaire soudée où la communauté étudiante établit des relations solides avec le corps professoral et leurs pairs. Cet environnement encourage le mentorat, l’apprentissage expérientiel et l’engagement pratique. 

Ancré dans ce cadre historique, le Collège Glendon offre des programmes uniques, comme la traduction professionnelle, un baccalauréat en éducation avec une spécialisation en français langue seconde ainsi qu’un programme de double diplôme en études internationales et administration des affaires. On peut aussi y préparer des diplômes entièrement bilingues et trilingues et des certificats spécialisés, ce qui distingue le collège en Ontario et dans le pays tout entier. 

L’apprentissage est basé sur des discussions en classe et une expérience pratique acquise grâce à des stages et des projets de recherche. Comme le souhaitait Escott Reid, le Collège Glendon appuie les objectifs de York en matière d’engagement mondial et d’apprentissage inclusif et procure les compétences et les expériences nécessaires pour faire carrière en diplomatie, commerce international et dans le service public et culturel. 

Cent ans après sa construction, le Manoir Glendon demeure un symbole d’apprentissage et de transformation. Il évoque les histoires de générations de Torontois, inspirant étudiants et étudiantes, universitaires, diplomates, jardiniers, architectes et historiens et historiennes. Plus qu’un emblème, il témoigne de l’évolution de York et de l’évolution constante de l’Université.